La situation des pays francophones est le sujet de peu de recherche. La voix et la perspective des acteurs francophones sur le sujet sont peu entendues dans les débats internationaux. De nombreuses recherches et événements sur ce sujet – devenu central dans les débats internationaux relatifs au développement – ont lieu en anglais et il est ainsi essentiel qu’une démarche comparable ait lieu au sein de la communauté francophone.

Le réseau francophone organise ainsi une rencontre francophone sur la privatisation et la marchandisation de l’éducation à l’Institut de la Francophonie pour l’Éducation et la Formation à Dakar, du 23 au 26 octobre 2017, en collaboration avec l’Organisation Internationale de la Francophonie.
Pour les acteurs impliqués dans la réalisation et la défense du droit à l’éducation, cet événement sera l’occasion de se réunir pour discuter des défis actuels que pose l’accroissement sans précédent des acteurs privés dans l’éducation et de développer une réponse qui soit en phase avec la culture et les valeurs des sociétés de la Francophonie, dont l’attachement aux services publics est fort et historique.

Objectifs et résultats attendus

  1. Développer la discussion sur la gouvernance des systèmes éducatifs dans les pays francophones au regard de l’émergence d’acteurs privés et de la marchandisation croissante de l’éducation
  2. Faire émerger les positionnements et spécificités potentielles dans l’approche du droit à l’éducation – à travers le monde francophone – afin de porter cette vision au niveau international.
  3. Contribuer à promouvoir la recherche transnationale sur l’éducation dans l’espace francophone, en particulier sur les problématiques relatives aux acteurs privés dans les pays à faible ou moyen revenu.
  4. Renforcer un réseau d’acteurs francophones agissant de manière collaborative pour échanger et trouver des solutions communes face aux enjeux liés à la marchandisation et à la privatisation de l’éducation.

Programme

La rencontre sera axée sur l’éducation de base, primaire et secondaire, au cœur du rapport entre inégalités sociales et savoirs, ce qui n’est malheureusement pas sans conséquences sur l’enseignement supérieur. Elle sera organisée en deux temps.

  • Etat des lieux de la privatisation et marchandisation de l’éducation dans les pays francophones

Cette première partie permettra de faire un état des lieux du développement des écoles privées et de la marchandisation de l’éducation dans les pays francophones en présentant des recherches menées dans plusieurs pays et en échangeant, en groupe, sur les différentes situations.
Elle sera aussi l’occasion de faire le point sur les recherches actuelles ou à venir sur cette thématique en évaluant les besoins et en facilitant une synergie entre les chercheurs francophones.
Cette partie contribuera également à renforcer les partenariats entre les acteurs présents afin de réaliser ensemble le droit à l’éducation pour tous.

  • Consultation sur les principes directeurs sur les obligations des Etats en matière d’écoles privées

Dans le cadre d’une démarche consultative pour le développement des “Principes Directeurs des droits de l’Homme relatifs aux obligations des Etats concernant les écoles privées”, le secrétariat pour la rédaction de ces principes – formé par Global Initiative for Economic, Social and Cultural Rights (GI-ESCR), Right to Education Project (RTE), et l’Open Society Foundation Education Support Program (OSF-ESP) – ont organisé plusieurs consultations régionales et thématiques en 2016 et 2017 (Bangkok pour l’Asie, Nairobi pour l’Afrique de l’est et Paris pour les acteurs du Nord, à l’UNESCO). Ces consultations invitent une variété d’intervenants – impliquant des organisations de la société civile, experts, chercheurs et organisations internationales ou régionales, sans oublier une poignée de représentants étatiques – pour discuter et revoir une version préliminaire de ces Principes. La finalité est d’accompagner les Etats qui souhaiteraient réfléchir aux solutions pour réguler les acteurs privés dans l’éducation dans la redéfinition de leurs politiques publiques.

Lieu, dates, organisateurs et partenaires

L’organisation de la rencontre sera assurée par les six organisations fondatrices du réseau francophones ainsi que par le Réseau Africain pour l’Education pour Tous (ANCEFA) et la Coalition des ONG en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP) qui n’est autre que la coalition sénégalaise de l’éducation, membre de la Campagne Mondiale pour l’éducation.

La collaboration avec de l’OIF s’inscrit dans la continuité du travail commencé en mars 2016 lors du séminaire sur la marchandisation de l’éducation à Paris, et pourrait renforcer le travail et la visibilité de l’OIF sur le sujet, en accord avec la Déclaration d’Antananarivo.

Participants

Des participants de l’ensemble des 26 pays africains où le français est largement utilisé seront invités. Dans les 26 pays africains où le français est largement utilisé sera invité un représentant de la société civile désigné par chaque coalition nationale pour l’éducation pour tous.

D’autres partenaires clés seront invités, comme les représentants gouvernementaux des pays concernés, les représentants de l’ONU (UNICEF, UNESCO) et de l’OIF (CONFEMEN, AUF) mais aussi des chercheurs spécialisés sur les questions relatives à la marchandisation de l’éducation et des journalistes.

La rencontre permettra aux participants de participer à la construction d’un mouvement francophone unique de réflexion et d’échange à travers une grande partie de l’espace francophone, et de renforcer les voix francophones dans ce débat mondial et crucial pour le futur des systèmes éducatifs.